Depuis quelques années maintenant, la grande martingale en marketing est le marketing du bouche à oreilles. Phénomène démultiplié par l’avènement des réseaux sociaux et des blogs. Alors que bon nombre d’agences ne jurent plus que par le fameux WOM (Word Of Mouth), le cabinet Mintel vient de publier les résultats d’une étude sur la conversion d’actions marketing basée sur la recommandation.

Malheureusement pour les blogueurs, même les plus influents, leur capacité à générer du lead commercial reste faible par rapport à des sources dont l’indice de confiance est plus élevé. Parmi ces sources, les amis et les proches restent des valeurs sûres. On pourra donc retenir quelques leçons en matières d’emarketing :
- Une campagne de “Buzz marketing” via Relations Presse digitale fait partie de votre mix, mais ne peut constituer à elle seule, l’ensemble de vos efforts marketing.
- Utiliser Facebook pour promouvoir son produit ou service peut avoir du sens, à condition d’offrir la possibilité aux utilisateurs de répercuter dans leurs newsfeeds votre service ou votre marque.
- L’âge d’or du “parrainer vos amis” est loin d’être révolu. Les jeux concours ou les vecteur de parrainage du type bons d’achat auront encore pour un moment un retour sur investissement significatif.
- Les fonctionnalités du type “envoyer cette page à un ami” ne doivent jamais être négligées
… Par Hugh Mcleod évidemment:

Voilà bien ce que les nouveaux marketeurs devraient garder à l’esprit pour lancer une campagne de marketing viral:
- Démontrer au destinataire de votre campagne que votre message est d’une importance capitale
- Amener le destinataire à penser que votre produit ou service est si “cool” qu’il va intéresser jusqu’à ceux qui n’en ont pas besoin
- Proposer au destinataire la possibilité d’en parler à ses amis
(Liste non exhaustive biensûr…)
Last.fm vient d’être racheté pour 280 millions de dollars par CBS! Pour rappel Last.fm est une sorte de réseau social sur la musique. Vous pouvez écouter de la musique à partir de tags créés par les utilisateurs. Un petit soft est aussi disponible pour analyser les morceaux que vous écoutez depuis votre PC afin de vous proposer d’autres titres qui seraient susceptibles de vous plaire.
Bref un service qui allie habilement le marketing de la recommandation et le web 2.0 avec un Business Model fondé sur la publicité et l’affiliation (si vous aimez un morceaux last.fm vous propose de l’acheter sur Itunes ou chez Amazon…) Voir un géant comme CBS s’intéresser à ce type d’acteur prouve une fois de plus que les modèles économiques du nouveau web sont au coeur des préoccupations des grands medias.
On peut s’interroger sur la valorisation de last.fm, car outre les 20 millions d’utilisateurs actifs affichés par la plateforme, c’est bien la technologie et son modèle économique qui a été apprécié. Prenons un taux de conversion classique d’un site de ecommerce : 1,5%. Sur 1000 visiteurs, vous générez 15 ventes. Ramenez maintenant ce chiffre à l’audience de Last.fm sur un mois: vous ne revez pas on atteint les 300 000 ventes. A 0,99 dollars le morceau (on va être pessimiste et dire que les utilisateurs n’achètent qu’un morceau), vous arrivez à un chiffre d’affaire annuel sur l’affiliation de presque 4 millions de dollars. Partant du principe que le taux de conversion doit être largement plus élevé du fait de l’utilisation d’un algorithme de recommandation, le chiffre d’affaire généré par utilisateur doit être énorme.
Il me semble que ce mouvement stratégique de CBS prend tout son sens par l’acquisition non seulement d’une techno, mais aussi d’une audience qualifié plus que significative. Des synergies évidentes pourront se retrouver autour des radios détenues par le groupe, et le label de production de musique. Pour être un véritable drogué de last.fm (en permanence sur mon PC), je pense également que CBS s’achète à bon prix une communauté virtuelle très active ainsi qu’une marque plus qu’appréciée.
A voir absolument chez Jean-Michel: cette interview du fondateur de Criteo. Vous le savez, le marketing de la recommandation, c’est un peu mon dada… Je trouve la techno de Criteo époustouflante, j’en reparlerai… 